Internet : sécuriser son accès quand on est senior en France

8 janvier 2026

Pourquoi la sécurité Internet est-elle essentielle pour les seniors ?

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En France, plus de 7 millions de personnes de plus de 60 ans utilisent Internet régulièrement selon le baromètre du numérique 2023 (Arcep, Arcom et Cnil). Cela représente près de 70 % des seniors ! Si l’accès au numérique ouvre un monde de services et de loisirs, il faut rester vigilant. Les seniors sont en effet trois fois plus sollicités par des tentatives de fraude par email ou téléphone que la moyenne, selon la Banque de France. Le piratage, la fraude bancaire, l’usurpation d’identité, ou encore l’accès non autorisé à vos informations personnelles sont des risques réels. Quelques failles techniques ou des petites étourderies peuvent ainsi avoir de lourdes conséquences. Paramétrer une connexion sécurisée, ce n’est pas simplement ajouter un mot de passe : c’est protéger ses données, éviter les virus, et garantir une navigation sereine.

Comprendre les risques liés à une connexion non sécurisée

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Avant de plonger dans les réglages, il est utile d’identifier les principales menaces qui peuvent frapper un senior connecté :

  • Les arnaques au “faux support technique” : Une fenêtre s'affiche, vous disant que votre ordinateur est infecté. Un “technicien” vous demande alors de télécharger un logiciel ou de donner vos identifiants.
  • Le phishing : Vous recevez un email ou SMS imitant la banque, l’assurance ou les impôts, vous demandant d’entrer vos coordonnées.
  • Les mots de passe faibles : Un mot de passe simple (ou le même partout) rend le piratage très facile.
  • Les réseaux Wi-Fi publics non sécurisés : Particulièrement dangereux dans les cafés, gares ou hôtels, ils exposent vos données aux regards indiscrets.
  • Les logiciels malveillants (malware) : Ils peuvent collecter vos informations à votre insu (cheval de Troie, rançongiciel ou “ransomware”, espionnage…).

En comprenant ces risques, vous pouvez mieux “fermer les portes et les fenêtres” de votre accès Internet.

Paramétrer sa connexion à la maison : les étapes clés

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1. Sécuriser sa box Internet

  • Changer le mot de passe par défaut : Au moment de l’installation, chaque box Internet (Livebox, Freebox, Bbox, SFR Box…) possède un mot de passe “usine”, souvent simple. Il figure parfois sur une étiquette collée à la box. Il est indispensable de le changer. Utilisez une combinaison d’au moins 12 caractères, en mélangeant lettres, chiffres et caractères spéciaux. Évitez les dates de naissance ou prénoms !
  • Accéder à l’interface de la box : Pour modifier ces paramètres, tapez l’adresse d’administration (souvent 192.168.1.1 ou 192.168.0.1) dans votre navigateur Internet. Renseignez le mot de passe actuel, puis suivez les instructions du fournisseur d’accès pour le modifier.
  • Mettre à jour le logiciel de la box : Comme les ordinateurs ou smartphones, votre box reçoit des “mises à jour” pour combler des failles de sécurité. Peu de personnes pensent à le vérifier : demandez à votre opérateur ou consultez le menu de gestion de la box pour rechercher les actualisations à effectuer !
  • Désactiver le WPS : Le “Wi-Fi Protected Setup” (WPS) permet une connexion rapide, mais il est vulnérable au piratage. Désactivez-le dans les réglages avancés de la box.

2. Protéger l’accès Wi-Fi domestique

  • Choisir le bon type de sécurité : Privilégiez le protocole de chiffrement WPA2 ou WPA3 (et non WEP, dépassé et facilement piratable).
  • Changer le nom du réseau Wi-Fi : Évitez les noms comme “Martin_Paris_3e” ou “Livebox_Senior” qui permettent de vous identifier facilement. Un nom neutre, ne révélant ni votre adresse ni votre opérateur, est préférable.
  • Limiter la visibilité du réseau : Certaines boxes permettent de cacher le réseau Wi-Fi. L’appareil ne sera trouvable que si on saisit le nom exact.

La plupart des grandes banques et d’associations comme Cybermalveillance.gouv.fr recommandent également de ne jamais partager le mot de passe Wi-Fi en dehors du cercle familial.

3. Utiliser un pare-feu et un antivirus fiables

  • Le pare-feu : Il filtre les connexions entrantes et sortantes, bloquant les accès suspects. Les ordinateurs sous Windows et Mac en possèdent un par défaut. Activez-le, et assurez-vous que sa configuration ne laisse pas de “portes ouvertes”.
  • L’antivirus : Aujourd’hui, les virus se font plus discrets, mais ils sont plus vicieux qu’auparavant. Optez pour des solutions reconnues comme Avast, Bitdefender, Kaspersky, ou même l’antivirus intégré à Windows (Microsoft Defender). Soyez attentifs aux rappels de mise à jour – en 2023, près d’une infection sur deux provenait d’un antivirus non actualisé (source : Rapport Pavillon Bleu, 2023).

4. Sécuriser ses appareils connectés

  • Mises à jour régulières : Tablettes, smartphones, PC ou objets connectés… ils doivent êtres tenus à jour pour combler les failles de sécurité.
  • Mots de passe différents pour chaque appareil : Évitez le recyclage ! Un gestionnaire de mots de passe comme Dashlane ou Bitwarden peut beaucoup simplifier la vie, en notant les accès pour vous.
  • Privilégier les applications officielles : Par exemple, pour consulter la banque, le site officiel ou l’application dédiée sécurisent bien mieux vos échanges que des liens trouvés dans un mail.

Bonnes pratiques pour garder sa connexion sécurisée au quotidien

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1. Utiliser la double authentification

On l’appelle aussi “authentification à deux facteurs”. Même si quelqu’un trouve votre mot de passe, il devra saisir un code reçu par SMS ou sur une application. Activez cette option pour vos comptes les plus importants : boîte mail, banque, Sécurité sociale (ameli.fr)… Côté chiffres, la CNIL estime que cela réduit de près de 99 % le piratage dû à la simple découverte d’un mot de passe.

2. Identifier les sites web sécurisés

  • Le symbole cadenas : À gauche de l’adresse web, vérifiez la présence d’un petit cadenas. Cela signifie que le site chiffre vos informations (protocole https).
  • L’adresse du site : Prêtez attention à d’éventuelles anomalies. Les fraudeurs parviennent à copier des sites officiels avec des adresses qui ressemblent de près, par exemple banquefrancaise.com au lieu de banquefrance.fr.

3. Être prudent avec les réseaux publics

  • Évitez de consulter vos comptes sensibles dans les lieux publics : Gares, cafés ou centres commerciaux : préférez patienter jusqu’à retrouver une connexion à la maison ou privilégiez le partage de connexion via votre téléphone portable (après activation de l’option).
  • Utilisez un VPN (Virtual Private Network) : Ce logiciel “chiffre” tout ce qui passe par votre connexion, même sur du Wi-Fi public. Des services comme NordVPN, CyberGhost, ou ProtonVPN sont simples à utiliser et recommandés par l’UFC-Que Choisir. À retenir : un VPN ne remplace pas l’antivirus mais vient en complément.

4. S’informer et se former

  • Des ateliers municipaux d’initiation au numérique existent partout en France. Les bibliothèques, mairies et associations locales proposent souvent ces formations gratuitement ou à faible coût. L’association Les Bons Clics (https://lesbonsclics.fr) propose aussi des modules d’apprentissage personnalisés.
  • Gardez un contact régulier avec vos proches ou voisins pour échanger sur vos expériences en matière de sécurité en ligne. Le partage aide à ne pas tomber dans le piège !

Comment sensibiliser aussi son entourage ?

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  • Informer ses proches : Partagez ces conseils avec vos enfants et petits-enfants. Beaucoup de fraudes ciblent aussi l’entourage (arnaques au « faux petit-fils » ou au « faux employé bancaire »…).
  • Établir une règle familiale : Ne jamais transmettre d’information sensible par téléphone ou par email sans vérifier l’identité de la personne qui contacte.
  • Utiliser une messagerie sécurisée : Préférez des applications comme WhatsApp, Signal ou iMessage pour les échanges privés.
  • Encourager une vérification systématique : Devant un doute, vérifiez directement par téléphone ou sur le site officiel, même si cela prend un peu plus de temps.

Selon une étude de Cybermalveillance.gouv.fr, plus de 4 000 victimes seniors recensées en 2022 avaient été aidées par leur entourage pour détecter une fraude.

Checklist pour une connexion Internet sécurisée chez soi

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Étape Pourquoi ? Comment ?
Changer le mot de passe de la box Empêcher l’intrusion d’inconnus Via l’interface d’administration
Activer le cryptage WPA2 / WPA3 Protéger le Wi-Fi Dans les réglages Wi-Fi de la box
Mettre à jour la box et les appareils Boucher les failles de sécurité Menu maintenance / mises à jour
Installer un antivirus et un pare-feu Bloquer virus et intrusions Téléchargement officiel ou système intégré
Utiliser la double authentification Sécuriser les comptes sensibles Paramètres du site ou de l’application
Éviter les réseaux publics non protégés Limiter le piratage Privilégier la connexion domestique ou un VPN

Où trouver de l’aide et se tenir informé ?

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  • Le site Cybermalveillance.gouv.fr propose des guides simples, adaptés à tous les niveaux, sur la sécurité Internet (guides, alertes sur les arnaques en cours, conseils pratiques).
  • Votre fournisseur Internet a souvent une ligne d’assistance dédiée aux seniors ou aux clients fragiles. N’hésitez pas à leur téléphoner au moindre doute.
  • L’association France Services (France Services – https://france-services.gouv.fr) oriente gratuitement vers des ateliers pratiques dans votre région.
  • Des guides papier ou PDF sont accessibles sur le site Service-Public.fr pour paramétrer votre box, installer un antivirus ou apprendre à repérer les faux emails.

Face à l’évolution rapide des menaces numériques, il existe aujourd’hui de nombreux relais d’accompagnement. Une connexion Internet sécurisée n’est plus un luxe, mais un réflexe à adopter – et à partager. La sécurité numérique, c’est comme la ceinture de sécurité en voiture : elle ne doit plus être oubliée, quel que soit l’âge !

En savoir plus à ce sujet :

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